En octobre 2026, nous avons recensé près de 90 acteurs de l’IA appliquée en Suisse romande. La plupart sont des structures d’une à trois personnes, souvent créées en 2025 ou 2026. Beaucoup font du bon travail ; d’autres vendent surtout des démonstrations. Comment faire la différence avant de signer ?
Voici les dix questions que nous poserions à n’importe quelle agence IA, nous compris. Nos propres réponses figurent à la fin.
1. Qui va réellement construire votre solution ?
Demandez à rencontrer la personne qui développera. Certaines agences codent ; d’autres assemblent des briques sans code comme n8n, Make ou Zapier. Les deux approches peuvent convenir, mais elles n’offrent pas la même robustesse : un assemblage peut se révéler fragile quand les volumes augmentent ou qu’un outil change. L’important est de savoir ce que vous achetez.
2. Où vos données sont-elles stockées, et où sont-elles traitées ?
« Hébergé en Suisse » désigne souvent le stockage. Mais l’IA peut traiter vos données ailleurs. Demandez quel modèle est utilisé, chez quel fournisseur, et dans quel pays il s’exécute. Un serveur en Suisse ne suffit pas toujours : un fournisseur américain reste soumis au CLOUD Act, même avec un centre de données chez nous.
3. Vos données servent-elles à entraîner un modèle ?
La réponse doit figurer noir sur blanc : dans les conditions du fournisseur de modèle, et dans un contrat de sous-traitance (DPA) signé avec l’agence.
4. À qui appartient le code, et pouvez-vous partir ?
Si votre solution vit dans un compte qui appartient à l’agence, vous louez une dépendance. Exigez le code, la documentation et les accès, et demandez ce qui se passe le jour où vous changez de prestataire.
5. Que se passe-t-il quand ça casse ?
Une automatisation n’est pas un projet que l’on termine : c’est un système qu’il faut maintenir en vie. Une API change, un modèle évolue, un volume double. Qui surveille, qui corrige, en combien de temps et pour quel prix ?
6. Pouvez-vous me montrer un client réel, avec un résultat chiffré ?
Parmi les 24 acteurs romands que nous avons étudiés en détail, seuls 5 citent un client nommé avec un résultat chiffré. Méfiez-vous des cas « illustratifs » et des témoignages signés d’initiales. Demandez un contact que vous pouvez appeler.
7. Comment mesurez-vous le gain ?
Un gain se mesure avant et après, sur un indicateur fixé à l’avance : heures par semaine, délai de traitement, nombre d’erreurs. Le ressenti trompe. Dans une étude de METR publiée en juillet 2025, des développeurs expérimentés estimaient avoir gagné 20 % de temps grâce à l’IA ; mesurés, ils étaient 19 % plus lents. METR a depuis publié des résultats actualisés, mais la leçon demeure : le ressenti ne remplace pas la mesure.
8. Comment le code produit par l’IA est-il relu et testé ?
L’IA écrit vite, mais pas toujours bien. Selon une étude de Veracode (juillet 2025), le code généré par IA introduit des failles de sécurité dans 45 % des cas testés. Une agence sérieuse fait relire ce code par des développeurs et le couvre de tests.
9. Comment respectez-vous la nLPD ?
Le Préposé fédéral à la protection des données (PFPDT) le rappelle : la loi sur la protection des données s’applique directement à l’IA. Concrètement, il faut informer les personnes qu’elles échangent avec une machine, permettre la revue humaine des décisions individuelles automatisées et mener une analyse d’impact en cas de risque élevé.
10. Saurez-vous me dire non ?
Une agence fiable vous dira quand l’IA n’est pas la bonne réponse, ou quand une simple automatisation suffit. Si tout devient un « agent IA autonome », méfiance.
Les signaux d’alerte
- des superlatifs sans preuve (« n°1 en Suisse ») ;
- des multiplicateurs sans base de comparaison (« productivité multipliée par 3 ») ;
- des cas clients anonymes ou « illustratifs » ;
- aucune adresse ni équipe identifiable ;
- des agents « autonomes » sans validation humaine ;
- aucun mot sur la maintenance.
Nos réponses chez 2DS
- Notre équipe de développeurs, à Y-PARC (Yverdon-les-Bains), construit et maintient elle-même vos solutions. Nous développons depuis 2015.
- Le traitement passe par Infomaniak, en Suisse, avec un modèle nommé : Apertus, Mistral ou un autre, à votre choix.
- Vos requêtes ne sont ni conservées ni utilisées pour entraîner les modèles, et nous signons un contrat de sous-traitance.
- Le code, la documentation et les accès vous appartiennent.
- Notre offre Run IA couvre l’hébergement, la supervision et les évolutions, dès CHF 190 par mois, hors TVA.
- Nos premiers cas clients IA sont en cours de publication. En attendant, Nuasix IA, intégrée à notre propre logiciel de gestion, tourne en production tous les jours.
- Chaque prototype a un indicateur de réussite fixé avant de coder, mesuré avant et après.
- Le code produit avec l’IA est relu par nos développeurs et testé.
- Transparence, validation humaine et journalisation sont prévues dès la conception.
- Le diagnostic gratuit sert aussi à cela : vous dire si l’IA est la bonne réponse.
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Sources
- METR, « Measuring the Impact of Early-2025 AI on Experienced Open-Source Developer Productivity », 10 juillet 2025 : metr.org
- Veracode, étude sur la sécurité du code généré par IA, 30 juillet 2025 : veracode.com
- PFPDT, mise à jour du 8 mai 2025 sur l’application directe de la loi sur la protection des données à l’IA : edoeb.admin.ch
- Recensement 2DS des acteurs de l’IA appliquée en Suisse romande, octobre 2026 (46 sites étudiés, plus de 40 autres acteurs repérés)